"Quel rôle la littérature peut-elle jouer dans le développement de l'Afrique ?"
La littérature est le reflet des réalités sociopolitiques, économiques et culturelles d’un peuple donné avec pour objectif, la recherche des solutions adéquates aux problèmes quotidiens de la société. C’est d’ailleurs dans ce manteau que se mettent les écrivains africains mettant leurs pensées et leurs arts au service d’une cause : l’instauration d’une société africaine libre, prospère et paisible.
D’où le rôle de la littérature dans le décollage du continent. Dès lors, quels sont les moyens pour y arriver à cette fin ? L’Afrique peut-elle se développer sur une base littéraire ? Quelles réalités recouvrent cette interrogation ?
Telles sont les questions qui nous préoccuperont dans les lignes qui suivent.
L’analyse des œuvres littéraires post-indépendantes démontre un sentiment de désenchantement, de désillusions et de malaise des populations vis-à-vis des indépendances africaines. Elles expriment un sentiment de refus et de révolte des africains contre un ordre social, politique et moral contraire à leurs profondes aspirations. Ces œuvres dénoncent la dictature, la corruption, les arrestations arbitraires, la fraude électorale, le sous-développement chronique, la violation des principes fondamentaux, les conflits inter-ethniques et interétatiques, l’instabilité politique qui sont autant d’obstacles qui freinent l’évolution sociopolitique et économique du continent.
Les écrivains dans leur volonté de construire l’Afrique par la littérature se font les véritables porte-parole des masses populaires opprimées , exploitées et assujetties par leurs propres frères que le vent des indépendances a porté au pouvoir. C’est pourquoi Aimé Césaire dira ceci : « il est temps d’amener à la raison ces nègres qui croient que la révolution consiste à chasser le blanc et à occuper son fauteuil et à continuer à faire le blanc sur le dos du nègre ».
Amadou Kourouma de son côté relate la désillusion et la déception de Fama qui, après tant d’efforts consentis au service du parti unique pour l’avènement des indépendances, sera finalement oublié et ne recevra qu’une carte d’identité et celle de membre une fois la souveraineté nationale acquise. Il exprime sa déception en ces termes : « à choisir entre la colonisation et les indépendances, je préfère la colonisation ».
En dénonçant les maux de l’Afrique indépendante, les écrivains du continent revendiquent l’instauration d’institutions politiques efficaces, capables d’orienter les populations éprises de paix, de justice, d’égalité et de prospérité sociale et économique. C’est pourquoi dès les années ‘’90’’ nous verrons la démocratie atterrir en Afrique pour la réalisation des légitimes aspirations du peuple.
En fin, retenons que construire l’Afrique par la littérature peut être une réalité dans une vision d’esprit. C’est pourquoi la dénonciation continue et continuera de jouer son rôle tout en proposant des solutions adéquates pour y parvenir malgré les obstacles auxquels cette ambition se heurte.
La littérature est-elle dans son élan premier aujourd’hui ?