- Revision en Philosophie: Questions qui n'ont pas de réponse scientifique - Philosophie Terminale Sciences Mathématiques

En quoi est-il nécessaire de penser les questions qui n’ont pas de réponse scientifique ?


En quoi est-il nécessaire de penser les questions qui n’ont pas de réponse scientifique ?



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TRAITE

a) Kant, ayant établi les limites du pouvoir de connaître de la raison humaine et interdit le domaine métaphysique à son investigation, n’est pas pour le fossoyeur de la métaphysique. Au contraire, il s’estime l’avoir sauvé. En effet, s’il n’est pas possible effectivement d’établir un savoir, de connaître ce qu’il en est des objets métaphysiques (l’âme humaine est-elle immortelle, Dieu existe-t-il, l’Homme est-il libre ?), il est néanmoins capital de les penser. Autrement dit, il faut distinguer le domaine des questions simples, auxquelles on peut espérer trouver une réponse unique vraie, et les problèmes, qui, selon la définition d’Aristote, sont « les questions au sujet desquelles il existe des raisonnements contraires ». Ainsi, il existe des objets au sujet desquels nos questions sont essentiellement problématiques, au sens où on ne peut espérer leur donner une réponse simple et exclusive. Les objets métaphysiques sont de ceux-là. Mais si on ne peut espérer obtenir une certitude scientifique à leur égard, il n’empêche qu’il est nécessaire de les penser, de les méditer.  

b) Cela est nécessaire notamment du point de vue pratique. Les enjeux pratiques concernant les questions que nous avons évoquées sont, en effet, capitaux. Se penser comme libre, penser qu’un Dieu existe peut donner sens à l’existence et à l’action humaine. Il peut donc être considéré, si l’on suit Kant, que l’existence de Dieu est une vérité moralement nécessaire. Ainsi, la réponse donnée à cette question n’est pas une certitude scientifique mais une certitude morale.  

c) Il faut donc distinguer l’ordre pratique et l’ordre théorique. La science est du domaine théorique de la vérité des connaissances. Tandis que du point de vue existentiel, moral, pratique, des questions se posent, qui nécessitent qu’on leur apporte des réponses bien que celles-ci ne puissent être de type scientifique.