Présentation du cours

Les enjeux du 21ème siècle

Nous vivons dans un monde en évolution permanente, impacté par les rapides avancées technologiques. Notre façon de travailler, de nous rendre sur notre lieu de travail, de consommer, de passer notre temps libre, de communiquer et même de penser, ont connu des changements sans précédent sous l’influence des technologies.

Ces changements se sont imposés dans notre quotidien avec une telle rapidité et une telle facilité que nous nous sentons dans l’obligation de mieux comprendre comment fonctionne ce monde numérique, ne serait-ce que pour mieux mesurer les risques auxquelles nous nous exposons. Pour gérer ce nouvel environnement, nous développons de nouvelles compétences afin de nous adapter à cette nouvelle ère technologique.

Bien sûr, nous consultons bien moins souvent l’Encyclopedia Universalis que Wikipedia ou Google, bien sûr, notre co-pilote ne déplie plus une carte routière contre le tableau de bord de l’automobile, mais lance waze ou Google Maps sur son téléphone intelligent.

Ces changements suscitent des débats qui ne semblent être qu’un réveil de la querelle entre les anciens et les modernes, les avant-gardistes et les réactionnaires, les matérialistes et les idéalistes.

Ces changements auxquelle nous engage le monde numérique, font entrer dans la ronde, un secteur encore inquiet, timide, peu enclin historiquement à la « disruption », celui de l’éducation. Près de 52,9% des entreprises pensent que le contenu des cours n’est pas renouvelé assez vite, au vu de l’évolution des métiers.

Et pourtant, la crise sanitaire et les évolutions sociétales, notamment les attentes des étudiants, ainsi que la nécessité de redonner du sens aux apprentissages, sont des accélérateurs de changement, dans un contexte de transition et de nouveaux outils.

L’école étant garante de la vision pédagogique, elle doit inciter à l’expérimentation d’outils et de formats et faire émerger des communautés de partage d’expériences, épaulées par des ingénieurs pédagogiques. Et bien sûr, valoriser les efforts des enseignants, tout en allégeant l’administratif pour libérer du temps.

Reste à lever les freins que sont, selon les sondés, la résistance des acteurs à l’abandon des modèles classiques et le mythe du tout numérique.

Les tendances pédagogiques

Il y a 10 ans seulement, les fonctions de social media manager ou d’UX designer étaient inconnues. Pourtant, ces postes sont devenus essentiels sur le marché d'aujourd'hui. A quoi ressembleront alors les métiers de nos enfants dans dix, vingt ou trente ans ? Ce que l'on sait à l’heure actuelle, c’est que ces métiers n’ont pas encore été inventés.

À en croire les statistiques du Forum économique mondial (WEF) 65% des enfants inscrits de nos jours à l’école primaire exerceront un métier qui n’existe pas encore. Pour l’étudiant entamant en 2019 son cursus technologique universitaire, 50% de ce qu’il aura appris lors de sa première année d’étude serait dépassé deux ans plus tard au maximum. Selon un rapport de l’Institut pour le Futur, 85% des emplois de 2030 n'existent pas encore aujourd'hui.

Parallèlement à cette création de nouveaux métiers, l’automatisation et la robotisation croissante touchant l’économie présagent la disparition d’un grand nombre de métiers existants. Pour le chercheur Thomas Frey, directeur du Da Vinci Institute, 2 milliards d’emplois seront effacés dans le monde d’ici 2030.

Le défi est alors le suivant : nous devons préparer les enfants pour des métiers qui n’existent pas encore et qui permettront de résoudre des problèmes qui n’ont pas encore été identifiés, en utilisant des technologies qui n’ont pas encore été inventées.

Si comme le disait Albert Camus, un des rôles de l’école doit être de “préparer les enfants à vivre dans un monde qui n'existe pas”, il semblerait bien que le système éducatif actuel, hérité de la révolution industrielle, soit loin de remplir cet objectif.
L’école doit être repensée pour préparer à des carrières qu’on ne peut seulement imaginer aujourd’hui, puisqu’elles n’existent pas encore. Selon un rapport de l’Institut pour le Futur, 85% des emplois de 2030 n'existent pas encore aujourd'hui.

Dans quelques années le rythme des changements sera devenu si rapide que la population active sera forcée d’apprendre de nouvelles compétences sur le moment, pour une utilisation immédiate. La capacité à acquérir de nouvelles connaissances semble alors plus précieuse que la connaissance elle-même. L’école doit apprendre à apprendre. Une réussite emblématique de ce modèle est l’Ecole 42 créée par Xavier Niel, où les étudiants évoluent sans professeurs, apprenants par eux même à maîtriser de nouveaux langages informatiques.

Mais le système éducatif de demain devra par dessus tout favoriser la créativité de ses étudiants au lieu d’étouffer ces derniers au sein de programmes scolaires condamnés à l’obsolescence. L’école devra libérer la créativité de ses élèves en les laissant expérimenter par eux même au gré de projets qui les passionnent et nourrissent leur curiosité. L’expérimentation permet également de développer la collaboration, l’esprit critique, l’intelligence collective et la résolution de problèmes complexes, autant de compétences vitales pour évoluer sur le futur marché de l’emploi. La préparation à ces nouveaux métiers va aujourd’hui de pair avec le développement des nouveaux modes de travail ou des nouvelles aspirations professionnelles, portés par la génération millennials qui représentera 75% de la population en 2030.

Le freelancing, le télétravail, le reverse mentoring, autant de nouveaux modes de travail qui deviendront la norme, tout comme il deviendra normal à 35 ans d’être passé par 10 emplois différents qui n’auront rien à voir entre eux, permis par une adaptation et un apprentissage permanent.

Ces profondes mutations sociétales dans lesquelles grandiront nos enfants doivent être intégrées à la fois par les entreprises et par le système éducatif pour élaborer ensemble des conditions propices au futur monde du travail.

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