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République de Guinée Ministère de la Pêche, de l’Aquaculture et de l’Économie Maritime Direction Nationale de la Pisciculture |
APDRA Pisciculture Paysanne |
République de Guinée Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique Institut Supérieur Agronomique et Vétérinaire de Faranah |
Dynamique sociale à l’œuvre dans le développement de la pisci-riziculture en Guinée forestière.
Les pisci-riziculteurs dans l’espace socio-foncier villageois de Kobéla
Auteur : Béavogui, Koly, assistant à l’Institut supérieur Agronomique de Faranah.
Encadrant : Barry, Abdoulaye, professeur des universités, Institut Supérieur Agronomique. et Vétérinaire, chef de département économie rurale.
Co-encadrant : Palliere, Augustin, docteur en Géographie humaine, économique et régionale (Agriculture Comparée), APDRA Pisciculture Paysanne, chef de Projet PDRP-GF.
Jury :
Dr Diawadou Diallo, Maître de conférences, l’Institut Supérieur Agronomique de Faranah, Président.
M. Abou Traoré, Directeur préfectorale des pêches et de l’aquaculture de Faranah, Rapporteur.
M. Sékou Mara, Directeur régionale des pêches et de l’aquaculture de Faranah, Membre
Pr. Abdoulaye Barry, professeur des universités, Institut Supérieur Agronomique de Faranah, Membre.
Dr Augustin Palliere, APDRA Pisciculture Paysanne, chef de Projet PDRP-GF, Membre.
Ce stage a été réalisé dans le cadre du Projet de Développement de la Rizi-Pisciculture (PDRPGF) sous maîtrise d’ouvrage déléguée de la Direction Nationale de la Pisciculture du Ministère des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Économie Maritime et dont la maîtrise d’œuvre est confié à l’APDRA Pisciculture Paysanne, financé par l’Agence Française de Développement et l’Union Européenne.
Présenté et soutenu, le 08 / 07 / 2016 à l’Institut de Faranah
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Dynamique sociale à l’œuvre dans le développement de la pisci-riziculture en Guinée forestière.
Les pisci-riziculteurs dans l’espace socio-foncier villageois de Kobéla
Auteur : Béavogui, Koly, ingénieur agroéconomiste titulaire d’un master en agriculture durable et gestion des ressources en eau, spécialité gestion des terroirs, Institut Supérieur Agronomique et Vétérinaire, enseignant chercheur, assistant à l’ISAV.
Encadrant : Barry, Abdoulaye, professeur des universités, Institut Supérieur Agronomique et Vétérinaire, chef de département économie rurale.
Co-encadrant : Palliere, Augustin, docteur en Géographie humaine, économique et régionale (Agriculture Comparée), APDRA Pisciculture Paysanne, chef de Projet PDRP-GF.
Ce stage a été réalisé dans le cadre du Projet de Développement de la Rizi-Pisciculture (PDRPGF) sous maîtrise d’ouvrage déléguée de la Direction Nationale de la Pisciculture du Ministère de la Pêche, de l’Aquaculture et de l’Économie Maritime et dont la maîtrise d’œuvre est confié à l’APDRA Pisciculture Paysanne, financé par l’Agence Française de Développement et l’Union Européenne.
Je remercie l’APDRA pisciculture paysanne, le Ministère des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Économie Maritime de Guinée (MPAEM), le Projet de Développement de la Rizi-Pisciculture en Guinée Forestière et l’Institut supérieur agronomique et vétérinaire Valéry Giscard d’Estaing de Faranah pour m’avoir permis de réaliser ce stage-recherche.
Mes remerciements vont à l’endroit de M. Augustin Palliere qui en sa double qualité de Chef de projet PDRP-GF etde Co- encadreur de ce stage,malgré son calendrier très chargé, a été un véritable maître pour moi et m’a aidé à conférer à ce stage tout son caractère scientifique.
Mes remerciements vont aussi à l’endroit de Pr Sara Baïlo Diallo Directeur Général de l’ISAV-VGE pour son soutien administratif sans lequel ma disponibilité ne serait pas possible.
Je reste reconnaissant à Mme Charline Rangé et à travers elle toute la cellule de recherche du PDRP-GF pour leur disponibilité à répondre à mes inquiétudes
Mes remerciements vont également à Pr Abdoulaye Barry, Chef de Département Economie Rurale pour sa rigueur scientifique et ses conseils.
Toute ma gratitude au Vieux ZéboulouKolié et sa famille et à travers eux, le groupement des pisci-riziculteurs de Kobélaet l’ensemble des populations de Kobéla qui m’ont accueilli et adopté comme un des leurs durant mon séjour à Kobéla.
Je tiens à remercier M.Nianikoye Jacob Hébélamou, mon compagnon de terrain qui n’a ménagé aucun effort pour me faciliter mes entretiens avec les enquêtés.
Toute ma reconnaissance à M. Ibrahima Koïvogui et famille pour leur soutien fraternel à mon égard.
Je tiens à remercier les sieurs Pierre Kamano, Alioune Tioune,et dames Djénabou Diallo et Anne Laure pour les échanges fructueux et le climat de sérénité et de fraternité qui a prévalu à la « maison des volontaires » à N’Zérékoré durant tout le temps que nous avons passé ensemble.
Je ne saurais terminer sans dire merci à mon épouse Mme Béavogui née Malé Koïvogui qui a su s’occuper de la famille pendant mon temps d’absence.
1 Historique de la pisci-riziculture à Kobéla. 9
2.1.1 Choix du village comme échelle d’enquête et d’analyse. 10
2.1.2 Typologie des systèmes de production. 11
2.1.3 Localisation des pisciculteurs dans la typologie. 12
2.2 Enquêtes et échantillons. 12
2.2.1 La zone d’étude : le village de Kobéla. 12
2.2.2 Les méthodes d’enquêtes. 16
3.1 Le système d’abattis-brûlis. 17
3.1.1 La riziculture sur brûlis. 17
3.1.2 Les cultures de deuxième année. 20
3.1.3 L’exploitation de la palmeraie subspontanée. 20
3.1.5 Analyse économique du système de culture. 21
3.2 Les systèmes agro forestiers de plantations. 22
3.2.1 Le système complexe café-kola-cacao-raphias et palmier à huile subspontané. 22
3.2.2 Commercialisation des produits des plantations. 25
3.2.3 Performances économiques du système de culture. 26
3.2.4 Le système de la palmeraie sélectionnée en monoculture. 27
3.2.5 Performances économiques du système de culture. 28
3.2.6 Le système de culture d’hévéa en monoculture. 29
3.3 Les systèmes de cultures des terres inondées : plaines alluvionnaires et bas-fonds. 29
3.3.1 Le système de culture des plaines alluvionnaires. 29
3.3.2 Le système de cultures de bas-fonds. 32
3.3.3 Le système pisci-rizicole. 34
3.3.4 Performances économiques des systèmes de culture. 34
3.4 Comparaison des différents systèmes de culture. 36
3.4.1 La productivité du travail 36
3.4.2 La productivité du sol 36
3.5 Les systèmes d’élevage. 38
3.5.2 L’élevage des ovins et des caprins. 38
3.5.4 Analyse technique et économique du système d’élevage porcin. 39
3.6.3 La première République : l’émigration massive des jeunes hommes. 42
3.6.4 La deuxième République : le retour des émigrés. 43
3.7 Cartographie de l’espace socio-foncier de Kobéla : typologie des systèmes de production 43
3.7.1 Modalités d’accès aux moyens de production aujourd’hui à Kobéla. 43
3.7.2 Structure des unités de production. 47
3.7.3 Typologie des unités de production. 48
3.8 Où sont les pisciculteurs dans l’espace socio-foncier villageois ?. 51
3.8.1 Répartition des pisciculteurs parmi les différents koly ?. 51
3.8.2 Répartition des pisciculteurs dans les différents types d’unités de production. 52
La pisci-riziculture étant un système adapté aux populations rurales, pour sa contribution à la génération de revenus et l’alimentation des paysans, cette étude s’interroge sur la place des pisci-riziculteurs dans l’espace socio-foncier rural de la Guinée forestière. Pour comprendre qui sontles pisciculteurs dans l’espace socio-foncier villageois, il faut d’abord parvenir à cartographier cet espace socio-foncier. Dans ce but, nous avons cherché à établir une typologie des systèmes de production pour donner une image de la différenciation sociale et économique entre les unités de production. Treize unités de production ont été interrogées, avec 27 actifs dont 7 femmes. Lesentretiens avaient lieu dans la plupart des cas au champ et parfois au village. Sur la base d’une liste fournie par le groupement des pisciculteurs et les renseignements obtenus sur des pisciculteurs qui ne sont pas membres du groupement, nous avons élaboré une nouvelle liste incluant 42 chefs d’unité de production. Sur cette liste nous avons rencontré 33 unités de production avec 92 actifs dont 53 femmes. Les enquêtes étaient réalisées le plus souvent au champ. Cette étude a permis de comprendre comment les pratiques agricoles et les évolutions du contexte socio-économique ont conduit à l’organisation actuelle de l’espace socio-foncier villageois. On retrouve des pisci-riziculteurs dans des unités de production très diverses tant du point de vue de leur appartenance sociale au village que par les ressources (terre, travail, capital) dont elles disposent.
Mots clés :
Pisci-riziculteur, espace, socio-foncier, Guinée, forestière, unité, production, actifs, village, terre, travail, capital.
The pisci-rice cultivation as a system adapted to rural populations, for its contribution to the generation of income and the power supply of the peasants, this study questioned the place of pisci-rice farmers in the space socio-rural land from the forest region of Guinea. To understand which are the farmers in the space socio-foncier villagers, it must first achieve map this space socio-land. In this purpose, we have sought to establish a typology of production systems to give an image of the social differentiation economic and between the units of production. Thirteen units of production have been interviewed, with 27 assets of which 7 women. The interviews took place in most cases to the field and sometimes in the village. On the basis of a list provided by the grouping of farmers and the information obtained on the fish farmers who are not members of the grouping, we developed a new list including 42 heads of unit of production. On this list we met 33 production units with 92 assets including 53 women. The surveys were carried out most often in the field. This study has allowed us to understand how agricultural practices and developments in the socio-economic context have led to the current organization of the space socio-foncier villagers. There are pisci-rice farmers in units of production very various both from the point of view of their social belonging to the village that by the resources (land, labor and capital) which they have.
Key words:
Pisci-rice farmer, space, socio-foncier, Guinea, forestry, unit, production, assets, village, land, labor and capital..
La plupart des villages de Guinée Forestière, quelle que soit l’ethnie, comptent plusieurs lignages, dont un généralement dominant. La répartition du pouvoir politique entre lignages est assez variable et les différences entre ethnies peuvent être sensibles, mais il ne semble pas que cela ait donné naissance à des différences dans les attributions foncières, au moins à l’origine. A l’heure actuelle, il n’existe que peu d’inégalités entre les lignages villageois quant à l’extension des maîtrises foncières. Tout au plus peut-on relever un début de différenciation sociale: l’inégalité, lorsqu’elle existe, commencerait dès que la couverture des besoins alimentaires familiaux est assurée. Si c’est le cas, les exploitants peuvent utiliser leurs surplus de trésorerie pour engager des ouvriers agricoles et augmenter leurs superficies dans les domaines actuellement les plus productifs : les cultures de rente et la riziculture de bas fond.
Ce travail a pour objectif global la production de connaissances sur les dimensions environnementales, économiques, sociales et politiques du développement de la pisci-riziculture en Guinée Forestière. Intéressé par ce sujet, l'APDRA Pisciculture Paysanne (Association Pisciculture et Développement Rural en Afrique) en a fait une préoccupation majeure afin de préciser le contenu de sa mission d'appui aux dynamiques rizi-piscicoles paysannes. C’est dans cette optique que ce stage « recherche » a été proposé avec pour perspective le financement d’une thèse de doctorat dans le cadre du PDRP-GF.
Le présent mémoire, comporte trois grandes parties :
La quelle porte premièrement sur la détermination de la cause de l’intéressement des paysans à la pisci-riziculture. La détermination de cette cause a conduit à étudier les systèmes de culture et d’élevage et de les comparer au système pisci-rizicole. Deuxièmement, elle porte sur l’historique du village dans le souci de comprendre comment la communauté villageoise s’est constituée et surtout comment elle est arrivée à la privatisation foncière actuelle. Cette deuxième étape conduit à la cartographie de l’espace socio-foncier villageois à travers une typologie des unités de production dans laquelle nous avons essayé de placer les unités pisci-rizicoles. Cette partie s’achève par des perspectives que nous projetons dans l’avenir afin de pouvoir réaliser ce que le temps ne nous a pas permis d’atteindre dans cette étude.
Levieux Zéboulou, aujourd’hui président du groupe, a vu pour la première fois des étangs piscicoles au Libéria dans les années 1980. Les moyens lui manquaient alors pour se lancer dans cette activité à son retour en Guinée. Dans les années 2000, le Projet PPGF intervient dans des villages proches, à Konipara ainsi qu’à Maouon. Eddy Kolié et M. Soumaoro, tous deux résidents du village de Kobéla, s’inscrivent alors dans le groupe des pisciculteurs de Konipara.
Avec l’arrivée des premiers poissons de pisciculture sur le marché hebdomadaire de Kobéla en 2005, la population commence à s’intéresser de près à la pisciculture. A leur passage pour Konipara les ACP étaient à chaque fois arrêtés par les habitants de Kobéla et plusieurs demandes collectives ont été formulées. Mais la fin du PPGF était proche et le Projet n’a pas souhaité intervenir directement. Les intéressés de Kobéla ont été invités à se rapprocher des pisciculteurs de Konipara.
C’est ainsi qu’en juillet 2007 ils ont trouvé un arrangement avec le groupe de Konipara et l’ACP qui était en charge de la zone : l’ACP faisait les études topo les week-ends (contre 30 000 GNF par étude) et le vieux Luc de Konipara s’occupait de l’installation des systèmes de vidange (contre une journée de travail sur son propre site). Le premier empoissonnement a pu être fait à Kobéla grâce aux alevins envoyés par le groupe de Konipara. Après l’installation de 3 systèmes de vidange, le groupe de Kobéla a acquis son propre moule en bois et est devenu autonome dans leur confection.
En 2008, les premiers poissons ont été pêchés. Les productions restaient faibles, mais le groupe ne se décourageait pas. Une mutuelle pour l’achat de sac de ciment a été mise en place : 2 sacs par personne et par mois. De 2009 à 2010, Plan Guinée a aidé 4 pisciculteurs (don de vivres, de matériel et de poissons) à achever leurs aménagements. Tout le groupe s’est mobilisé chez ces 4 bénéficiaires et le matériel est devenu propriété du groupe. En 2010, le groupe a adhéré à l’Union des Pisci-Riziculteurs de N’Zérékoré Nord. Il y avait alors 24 membres à Kobéla.
Avec l’appui d’un technicien du PDRPGF (de manière ponctuelle en 2013 et régulière depuis 2014), le groupe a connu une nouvelle dynamique. Le nombre de pisciculteurs (y compris les pisciculteurs en cours d’aménagement) est passé à 38.
Source : Présentation du village de Kobéla par l’APDRA Pisciculture Paysanne à l’occasion de la visite du ministre de la Pêche et de l’Aquaculture en août 2015.
Pour comprendre qui sont les pisci-riziculteurs dans l’espace socio-foncier villageois, il faut d’abord parvenir à cartographier cet espace socio-foncier. Dans ce but, nous avons cherché à établir une typologie des systèmes de production (Cochet et al. 2006) pour donner une image de la différenciation sociale et économique entre les unités de production. Nous nous sommes particulièrement intéressés aux activités agricoles menées par ces paysans et aux relations qu’ils entretiennent pour accéder aux moyens de production : la terre, le travail et le capital. Cela justifie le choix du village comme échelle d’analyse.
Le village (taa) est une réalité tangible de la société kpèlè ; il est caractérisé par :
D’un point de vue méthodologique, c’est d’abord l’échelle d’analyse pertinente pour comprendre les rapports fonciers, qui sont régulés notamment par le loëinamou,
Les villages kpèlè sont des habitats groupés constitués de plusieurs « carrés », koly en kpèlè.
Le terme kolydésigne donc une entité géographique et sociale contiguë ou dispersée. Il s’agit d’un groupe exogamique et la plupart des mariages se font entre les koly d’un même village. Les collectes pour les cas sociaux comme les travaux communautaires dans le village se font par koly C’est donc également la bonne échelle pour étudier les rapports de parenté qui se tissent autour des rapports matrimoniaux et des rapports de générations. Nous verrons l’importance à Kobéla, comme dans toute cette région, de la relation entre malein et kalan désignant respectivement le petit enfant ou le neveu utérin et le grand-père ou l’oncle maternel. Cette relation lie plusieurs koly du même village au-delà de l’union matrimoniale scellée lors d’une génération. Or, dans la société kpélè comme dans de nombreuses autres sociétés de la région, les rapports de parentés, d’alliance ou de filiation déterminent en grande partie les rapports sociaux d’accès au foncier ou au travail (Palliere, 2014 ; Delarue, 2007).
Ainsi, l’échelle du village est l’échelle pertinente pour comprendre les modalités d’accès au foncier, à la force de travail et au capital.
Enfin, d’un point de vue méthodologique, travailler au sein du même village permet de mettre en relation les éléments recueillis auprès de différents informateurs les uns avec les autres.
Pour Cochet et al (2006) : « Le terme de système de production indique que l’on s’intéresse à la fois à la structure, à l’organisation et au fonctionnement des exploitations agricoles : il s’agit de comprendre ce que font les agriculteurs, comment et pourquoi (comment combinent-ils plusieurs activités et pratiques agricoles au sein de leur exploitation, quelle est la rationalité de leurs pratiques, quelles sont les contraintes techniques et économiques auxquelles ils sont confrontés) et d’évaluer les résultats qu’ils obtiennent (performances techniques et résultats économiques) ».
Selon ces auteurs, ce concept ne s’applique pas à une unité de production en particulier mais à un « ensemble d’exploitations ayant accès à des ressources comparables, placées dans des conditions socio-économiques semblables et qui pratiquent une combinaison donnée de productions, bref un ensemble d’exploitations pouvant être représentées par un même modèle ».
Pour construire cette typologie nous avons donc cherché à caractériser les activités agricoles et d’élevage conduites par les unités de productions, à travers les concepts de systèmes de culture et d’élevage, puis à comprendre les modalités d’accès aux moyens de production, notamment au foncier et à la force de travail.
Pour Cochet (2002), un système de culture est une représentation d’une façon de cultiver un certain type de champ. Selon le même auteur, un système d’élevage est la représentation théorique qui permet d’étudier le fonctionnement d’un troupeau. Nous utilisons le concept de système de culture car il nous permet d’analyser les différentes pratiques culturales observées à l’échelle des parcelles.
Les modalités d’accès aux moyens de production correspondent à ce que nous appelons les rapports sociaux de production. Caractériser les rapports de production c’est répondre à la question suivante : comment accède-t-on aujourd’hui dans un village de Guinée Forestière à la force de travail, aux terres agricoles et enfin au capital ?
Les rapports de production constituent un héritage historique. C’est la raison pour laquelle une partie de ce travail sera consacré à la reconstitution historique de la zone étudiée.
Il s’agit de comprendre la constitution de la communauté villageoise actuelle et du territoire villageois ; l’évolution des délimitations foncières du territoire villageois ; des modalités d’accès à la force de travail à travers les relations de parenté (alliance et filiation) ou à travers des rapports marchands (achat et vente de force de travail); de la nature du capital mobilisé et des possibilités d’accès pour les différents producteurs.
Afin de répondre à la principale question de recherche à savoir, qui sont les pisci-riziculteurs dans l’espace socio-foncier du village, nous avons élaboré un questionnaire à partir des entretiens exploratoires menés dans un premier temps. Ce questionnaire nous a ensuite permis de cerner les contours de notre thématique avec obtention des données quantitatives sur les pisci-riziculteurs et sur les non pisci-riziculteurs.
Pour les pisci-riziculteurs, nous avons voulu faire une enquête exhaustive afin d’identifier au cas par cas la situation de chacun d’eux. Ainsi, les questions posées étaient axées sur le mode d’accès aux bas-fonds, les systèmes de mise en valeur de ces bas-fonds dans leur évolution, la disponibilité de la main d’œuvre en fonction des saisons et des activités.
À l’aide de questionnaires nous avons essayé de comprendre comment les unités de production des pisciculteurs ont accès au foncier, à la force de travail et au capital. Le questionnaire utilisé se trouve à l’annexe.
Le nom Kobéla est une déformation du mot koolaqui veut dire littéralement en kpèlè « ventre rempli ». Le village de Kobéla se situe à 45 km, environ 2 h de moto, au Nord-Ouest de N’Zérékoré, capitale de la région administrative, chef-lieu de la préfecture et surtout important marché régional de produits agricoles. Ajoutons que le village se situe par la piste à 12 km du principal axe routier, la route nationale n°2 qui relie N’Zérékoré à Conakry, la capitale du pays située954 km. Kobéla est par ailleurs le chef-lieu de la sous-préfecture. Un marché hebdomadaire se tient tous les vendredis.
Le village de Kobéla compte un bloc administratif de la sous-préfecture, un centre de santé, une maison des jeunes, une place de marché hebdomadaire, un nouveau marché en construction, une caisse locale de crédit rural, quatre écoles élémentaires, un collège, une église catholique et une église protestante.
Pour plus de précision se référer à la figure 1.
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Kobéla |

Figure 1 : Localisation de la CR de Kobéla en Guinée forestière. (Camara, 2009).
Le paysage du territoire de Kobéla est représentatif de la Guinée forestière. Ses paysages sont caractérisés par une succession de collines aux sols ferralitiques et de pénéplaines, drainées faiblement par des cours d’eau lesquelles sont encaissés des bas-fonds hydromorphes. Le climat de type subéquatorial humide, avec 9 mois de pluie (2000-2500 mm /an), permet une longue période végétative favorable au développement d’une agriculture très diversifiée (Camara, 2009).
Pour cet auteur, trois éléments dominent le paysage cultivé :
Nous avons observé que le palmier à huile sélectionné est la plantation qui progresse le plus aujourd’hui.
D’après les archives de la sous-préfecture sur le recensement général de la population et de l’habitat de 2014, Kobéla « centre », c’est-à-dire sans les autres villages de la sous-préfecture, a une population de 3800 habitants. D’après une mesure réalisée sur Google Earth sur la base des informations collectées sur le terrain, le territoire du village de Kobéla représente environ 50 km². La densité de population est donc de 76 habitants / km².
On peut comparer cette densité à celle de la sous-préfecture qui compte une population de 15909 habitants pour une superficie de 330 km² soit une densité de 48 hab/km2ce qui est identique à la moyenne nationale (48 hab / km²).
Le village de Kobéla centre est composé de deux districts centraux subdivisés en des kolycomme nous l’indique la figure 2.
Figure 2 : Schéma de la répartition du village de Kobéla en koly (source : enquêtes).
Avec l’aide d’un traducteur kpélè-français, nous avons pu échanger avec les paysans.
Dans chaque unité de production, l’entretien commençait par le chef de l’unité et portait sur :
Ensuite les autres actifs de l’unité étaient interrogés à leur tour. Ces entretiens portaient essentiellement sur leur participation aux différentes activités de l’unité de production.
Pour les non pisci-riziculteurs, l’échantillon était constitué progressivement en fonction des relations entre les unités de production et sur la base des informations fournies par les précédentes. Par exemple, nous avons cherché à interroger les voisins sur les terrains de culture des premières personnes interrogées, les personnes qui ont donné l’accès aux terrains ; les contractuels employés, ou les acheteurs de la force de travail.
Treize unités de production ont été interrogées, avec 27 actifs, dont 7 femmes. Ces entretiens avaient lieu dans la plupart des cas au champ et parfois au village.
Sur la base d’une liste fournie par le groupement des pisciculteurs et les renseignements obtenus sur des pisci-riziculteurs qui ne sont pas membres du groupement, nous avons élaboré une nouvelle liste incluant 42 chefs d’unité de production. Sur cette liste nous avons rencontré 33 unités de production, avec 92 actifs dont 53 femmes. Les enquêtes étaient réalisées le plus souvent au champ.
Les systèmes de culture observés sont les suivants
Le chef de l’unité de production choisit parmi les parcelles dont l’unité dispose, celle dont la friche est la plus ancienne. Pour les unités disposant une réserve foncière importante (7champs ou plus), la friche dépasse 6 à 7 ans. Pour les unités disposant de moins de réserve foncière, la parcelle choisie a généralement moins de 6 ans, âge de maturité de la friche.
Le défrichement-abattage d’une parcelle a lieu de janvier à février. Cette période correspond à la suspension de la coupe de régimes de palmier à huile. Lors du défrichement les petits arbres et les buissons sont coupés à l’aide des machettes. Il ya abattage lorsque la friche est suffisamment mûre pour que la coupe des arbres qui sont présents nécessite un deuxième passage. En ce moment le chef d’unité peut venir seul ou avec un groupe d’un effectif réduit par rapport au premier passage. Ces arbres sont abattus à l’aide de machettes, de haches voire de tronçonneuses (un seul cas de recours à la tronçonneuse a été observé durant la campagne 20014-2015). Plus de la moitié des champs ont été défrichés et abattus sans décalage.
Le brûlis a lieu en général plus d’un mois après le défrichement-abattage. Il commence par l’installation de pare-feu autour de la parcelle défrichée puis suivra la mise à feu. Cette dernière opération se fait généralement à des heures de faible ensoleillement et de faible ventilation, de préférence dans l’après-midi. Il mobilise moins de main d’œuvre (deux à trois personnes). La mise à feu ne nécessite pas la préparation de repas et n’est pas rémunérée. Un second brûlis ou ‘’écobuage ‘’ a lieu lorsque le champ a mal brûlé afin de rendre propre la parcelle. Ce second brûlis peut entraîner l’emploi d’une main d’œuvre salariée si le travail dépasse la capacité des actifs de l’unité de production car ce travail se fait rarement par groupe d’entraide. La pénibilité du second brûlis et les charges supplémentaires qu’il engendre combinées à la prévision de mauvaise récolte poussent certains paysans à abandonner la poursuite des travaux.
Le semis a lieu d’avril à fin mai. Il est précédé par l’enfouissement des boutures de manioc et de taro. Les autres cultures associées seront mélangées au riz et semé au même moment. Le semis se fait à la volée ; les binettes sont utilisées pour enfouir les graines. La quantité de semence de riz nécessaire pour un hectare est d’environ 45 kg en région Kpélè (Delarue, 2007). Plus de la moitié des femmes enquêtées mesurent leur semence à l’aide du waraba (1waraba de riz paddy pèse environ 5kg) pour les champs de coteau ou du zougoulou (pot d’un litre, 1waraba = 7 zougoulou en paddy) pour les pépinières. Le plus souvent plusieurs variétés sont cultivées sur le même champ. Les principales variétés rencontrées sont celles à cycle moyen (5 mois), koyawao, molödeghi, hèniwolo, djoukèmè, laghnaghni, galawoyan. Les variétés koyawao et molödeghi sont les plus cultivées à cause de leur rendement mais le molödeghiest moins appréciéecompte tenu de la sensibilité à la verse. Ce riz une fois à maturité doit être moissonné au plus tôt que possible lorsque les panicules sont encore vertes.
Les champs appartenant aux hommes contiennent rarement des cultures associées au riz excepté les cas d’installation de plantations pérennes.
Après le semis, selon que le champ soit labouré très tôt ou que le champ soit isolé, une première surveillance contre les oiseaux a lieu pour environ une semaine lorsque les conditions sont favorables pour la germination. Cette pratique n’est pas nécessaire lorsque le paysan suit le calendrier agricole général du village. L’installation de clôture suivie de la pause de pièges autour du champ qui était, il y a 10 ans très pratiquée a presque disparu. Les paysans évitent aussi la surveillance pré-récolte en suivant non seulement le calendrier agricole général, mais en évitant les variétés précoces et en adoptant les variétés de même cycle.
Le désherbage est réalisé par arrachage manuel des mauvaises herbes. Lesfemmes utilisent aussi de vieilles machettes amorties chez les hommes, pour déterrer les racines de certaines plantes, voire tuer les reptiles qui deviennent très fréquents à cette période. Un de nos enquêtés nous a déclaré avoir utilisé de l’herbicide sélectif sur une partie de son champ pour la première fois en 2015 et vu ses bons résultats, il compte désormais faire du désherbage chimique. À Kobéla le désherbage a lieu une seule fois.
À quelques jours de la grande moisson une pré-moisson est faite pour la nourriture du groupe à recevoir. Le riz obtenu lors de cette moisson est étuvé puis grillé avant d’être séché et décortiqué. À la moisson, les femmes sont suivies par des hommes de l’unité de production qui se chargent du transport des gerbes au lieu aménagé à cet effet : une structure surélevée en bambou, gbadala. Là les gerbes sont défaites pour faire d’autres gerbes plus grosses qui seront superposées à la forme d’un cône de riz qui peut être recouvert de vieilles moustiquaires pour empêcher que le riz ne verse plus en attendant le battage. Une femme récolte en moyenne 30 kg paddy par jour (Delarue, 2007) la moisson est effectuée à l’aide de petits couteaux.
Le battage est une pratique récente à Kobéla. Jusqu’à la fin des années 90, le riz était conservé en gerbes dans les greniers en brousse puis les femmes égrenaient progressivement ces gerbes en les foulant aux pieds. Suite à des nombreux incendies qui emportaient les greniers et leur contenu et les vols de riz enregistrés par les paysans, le stockage dans les greniers a été abandonné. Ainsi les paysans optent pour le stockage au village et pour réduire les charges, la conservation en gerbes a été abandonnée. De nos jours le riz est battu suivant deux modes, le battage dans les sacs et le battage sur des bâches. Le battage se fait à l’aide des bâtons et les vans sont utilisés pour débarrasser les grains de riz des débris. Le grand battage a lieu généralement après un ou deux mois de la récolte.Pourles champs situés près du village, le battage se fait le plus tôt que possible pour éviter le grignotement des voleurs. Le riz battu après un ou deux mois n’a plus besoin d’un autre séchage, il est directement stocké dans des sacs de 125 et 150kg dans des salons, chambres ou des magasins.
Les rendements ont été obtenus sur la base des déclarations des paysans sur la quantité obtenue après le battage augmentée de la quantité prélevée avant battage. Nous avons estimé la quantité consommée avant le battage sur la base du nombre de mesures préparées par jour, l’effectif des travailleurs lors des travaux sur l’exploitation depuis que le riz est arrivé à maturité, les quantités de riz net envoyées par les élèves (10kg par mois), les quantités offertes en don. La quantité totale de riz net obtenue a été augmentée du dixième donné comme frais de décorticage à la machine puis le résultat obtenu a été augmenté d’un quart pour obtenir la quantité de paddy décortiquée.
Le décorticage se fait mécaniquement à l’aide des décortiqueuses installées au village à 15000GNF le sac de 125kg ou 1/10 du riz net obtenu. Le riz étuvé est plus abondant dans les premiers mois de la récolte. Le riz blanc prendra progressivement le dessus à mesurequ’on s’éloigne de la période de récolte.
Le son de riz appartient à celui dont le riz a été décortiqué ; à lui de décider ramasser ou abandonner. Les propriétaires de décortiqueuses ramassent ce son qu’ils stockent dans des sacs pour ensuite les revendre aux éleveurs de porcs (10 000GNF le sac de 100kg). Le tapioca de riz très apprécié donne de bon résultat avec la variété kpowoloyamölön. Il est pilé manuellement dans les mortiers avec des pilons en bois.
En deuxième année, la friche peut servir soit pour l’implantation des plantations de café ou de cola ou aux champs de riz, de manioc, d’arachide, de piment ou de taro. La préparation de la parcelle est très rapide puisqu’elle consiste en un simple défrichement des chaumes de riz et des tiges de Chromoleanaodorata, puis à un brûlis. Ce sont en général les femmes et les enfants qui assurent ces opérations qui ne demandent pas une grande force physique. Les cultures de deuxième année sont d’ailleurs pratiquement gérées par les femmes.
Plus communément, la parcelle est plantée partiellement ou totalement de manioc ou ensemencée en arachide.
En ce qui concerne l’arachide, la surface cultivée en première année est en général divisée en petites parcelles, réparties entre différentes femmes de la famille ou prêtées gratuitement à des amies.
Il ya une quinzaine d’années, le palmier spontané était un bien communautaire. Aujourd’hui, il est la propriété personnelle de celui à qui appartient la plantation et de ceux à qui appartiennent les parcelles dans lesquelles il se trouve. Comme le palmier est généralement utilisé comme référentiel pour la délimitation des parcelles, les pieds se trouvant dans ce cas de figure seront exploités de façon rotative par les unités de production limitrophes. La production d’huile de palme à partir de la palmeraie subspontanée est une des activités majeures des exploitations de Kobéla, et l’une des sources de revenus les plus importantes. La production d’huile de palme est une activité qui se réalise toute l’année avec un pic de décembre à mai. Les grimpeurs sont en général des hommes de moins de 40 ans.
L’interdit de cueillette a été conçu au départ pour faciliter l’extraction d’huile communautaire qui précédait l’extraction individuelle des ménages. Après l’annulation des travaux communautaires, il a été maintenu voire doublé. Suite à l’importance des dépenses liées aux fêtes de fin d’année nous assistons à une interdiction de coupe de trois semaines afin de permettre aux ménages partageant l’exploitation de ces palmiers d’obtenir une quantité importante d’huile dont le revenu issu de la vente servira à couvrir les dépenses de fin d’année. La longue période d’interdiction commence dès la deuxième semaine de janvier et dure environ six à huit semaines. Depuis 2005 ces interdictions étaient imposées et levées indépendamment dans chaque exploitation. C’est seulement le samedi 16 janvier 2016 que les nouveaux chefs coutumiers ont imposé la suspension sur la coupe de régimes de palmier pour être levée le 7 mars de la même année. La durée de la suspension après un mois est fonction de la tombée des pluies. C’est donc la pluie du mardi 1er mars qui a donc déclenché la levée de la suspension. Le début et la fin de la suspension sont annoncés par le crieur public du village très tôt le matin. Mais bien avant l’annonce officielle, les rumeurs issues des réunions de sages circulent déjà au village ce qui permet à chaque unité de se procurer dans les villages voisins des grimpeurs.
Le riz est vendu paddy ou blanchi. Le riz de versant contrairement à celui de bas-fond est rarement destiné à la vente. Suivant les problèmes rencontrés par l’unité de production des quantités importantes sont vendues surtout à l’ouverture des classes et à la veille des fêtes de fin d’année. Ainsi à la récolte 2015 le riz paddy coûtait 250 000GNF le sac de 125kg soit 2000GNF le kilogramme ; le sac de 150kg n’était pas utilisé comme unité de mesure dans le circuit commercial. Quant au riz décortiqué il était vendu à 3500GNF le zougoulou.
L’arachide fraiche est vendue en coque à 2000GNF le zougoulouou 200000GNF le sac de farine.
L’huile rouge est vendue sur le marché local. Le vendredi jour du marché hebdomadaire, des commerçants viennent acheter les bidons d’huile de 20, 10 ou 5 litres. . Le palmiste est séché puis concassé manuellement ou mécaniquement et vendu à des collecteurs ou directement aux propriétaires des unités de presse d’huile de palmiste. Ces unités à leur tour vendent de l’huile de palmiste principalement à des fabricants de savons du pays et de la sous-région. Quant au tourteau, il est vendu aux éleveurs de porcs. Le prix de l’huile de palme est resté relativement stable. Il oscillait entre 100000GNF et 120000GNF le bidon de 20 litres.
L’analyse économique a pour objectif de comparer les différents systèmes de culture.
Ici nous n’avons pas intégré les cultures associées au riz dans l’analyse économique vu les difficultés liées à la quantification de ces cultures qui sont généralement consommées sur l’exploitation.
Avec un champ fait sur une friche de 6ans nous avons obtenus les résultatssuivants illustrés dans le tableau ci-dessous.
Tableau I :Appréciation de la quantité de richesse créée par le système de culture abattis-brûlis
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|
Riz de première année |
Arachide de deuxième année |
Palmeraie sub-spontannée |
|
Quantité de semence en kg |
75 |
10 |
- |
|
Superficie en ha |
1,5 |
0,375 |
10,5 |
|
JT défrichement-abatage |
30 |
4 |
- |
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JT labour |
28 |
7 |
- |
|
JT désherbage |
28 |
5 |
- |
|
JT récolte |
26 |
10 |
- |
|
Totale JT |
112 |
26 |
273 |
|
Production totale brute |
997kg |
3sacs de farine |
2730 litres d’huile de palme |
|
Consommation intermédiaire |
150000 |
100000 |
- |
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Produit brut en GNF |
1 994 000 |
600000 |
13650000 |
|
Valeur ajoutée brute en GNF |
1 844 000 |
500000 |
13650000 |
|
Productivité du système: |
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JT total |
411 |
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VAB total en GNF |
15994000 |
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Productivité du sol GNF/ha |
1523200 |
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Productivité du travail GNF/JT |
38900 |
||
JT :jour de travail
Il ressort de l’analyse de ce tableau que la palmeraie subspontanée produit la valeur ajoutée la plus élevée. Ce qui explique une fois de plus l’importance de ce sous-système pour les unités de production. Mais à côté de cette grande valeur il est à préciser que le revenu le plus partagé dans l’unité de production est celui de la palmeraie subspontanée.
Les principales plantations observées à Kobéla sont entre la caféière, la plantation de cola, la cacaoyère, la palmeraie et la plantation d’hévéa.
Il existe deux modes de plantation : soit en association avec le riz pluvial, soit dans une friche. Deux variétés sont cultivées à Kobéla, l’arabica et le robusta. Le café arabica se subdivise en deux sous-groupes, les plants issus des vielles plantations coloniales ou de leur descendance et ceux de la RC’2. Les plants RC’2 avaient été vendus par le projet du même nom et selon l’âge du plant, il pouvait soit être reconduit en pépinière ou être directement planté. Les autres plants arabica et robusta issus des vieilles plantations sont directement plantés. Lorsque le planteur désire le mode association avec le riz pluvial, les jeunes plants seront transplantés après le désherbage du riz. Ce mode est déjà abandonné pour le café mais reste le plus utilisé pour le palmier amélioré. Et si le planteur opte installer sa plantation dans une friche, la transplantation aura lieu après ouverture des layons. Dans les deux cas, la nouvelle plantation sera épargnée de défrichement dans les deux premières années. L’objectif étant de maintenir de l’ombrage afin d’éviter de l’enherbement. Au fil des années les gros arbres seront supprimés progressivement. La variété arabica est la plus plantée et le robusta pour ceux qui en possèdent se trouve associé à l’arabica. Le robusta bien qu’il soit moins cher que l’arabica, sa récolte tardive permet aux producteurs d’avoir accès à de la liquidité sur une grande période de l’année. En plus la récolte de ladernièrecampagne le robusta a donné des résultats meilleurs. L’un des facteurs limitentla plantation de robusta est le fait que sa récolte est concurrencée non seulement par le début des travaux de la riziculture pluviale, mais aussi de la grande saison de récolte du palmier à huile. Le café ne réussit pas à téliyöwökolè un domaine foncier de Yabouhakoly. Les jeunes unités plantent aujourd’hui de moins en moins le café à cause de son exigence en désherbage.
L’entretien de la caféière consiste principalement à la désherber. À Kobéla, certaines unités de production désherbent deux fois par an ; par contre d’autres ne parviennent pas à désherber entièrement leurs plantations. Deux modes de désherbage y sont pratiqués, le désherbage manuel à la machette et le désherbage chimique à l’herbicide. Ce dernier mode est récent mais commence à prendre de l’ampleur. Selon un de nos enquêté, sur une plantation, les seules charges de restauration lors du désherbage manuel suffisent pour un désherbage chimique.
La récolte s’étend d’octobre à janvier pour l’arabica et de janvier à mars pour le robusta. A la différence du riz, la récolte de café ne nécessite pas la constitution de groupes d’entraide à Kobéla. Elle est exécutée par les membres de la famille ou des journaliers. La récolte se fait à l’aide des filets ronds de mailles réduites par rapport à ceux utilisés par les femmes lors des pêches. Le filet est muni d’un crochet pour l’accrocher à la branche à récolter. Une journée de travail à la récolte correspond à 60kg de cerises séchées. L’arabica a subi l’attaque des chenilles en 2015 et pour certaines plantations la récolte de 2015 est le quart de la production de 2014.
Les plants de cacao, contrairement au café proviennent des pépinières du fait qu’on trouve rarement des plantules dans les cacaoyères. Il est planté dans les friches. Compte tenu de son exigence en humidité on le trouve généralement associé au palmier raphia et parfois au café et même le kola. La plantation de cacao est très prisée par les jeunes chefs d’unité de production du fait qu’elle s’en herbe difficilement. Maisplus de la moitié des cacaoyères en production ont plus de 20 ans ce qui les rend très vulnérables aux maladies et cela affecte négativement les rendements.
La principale difficulté dans la culture de cacao à Kobéla est la pourriture des cabosses ; face à ce fléau, les planteurs restent impuissants. Le désherbage s’il y a lieu c’est pour de jeunes plantations avec une fréquence d’une à deux fois dans l’année.
La récolte du cacao s’étend de juin à décembre. Ainsi la récolte couvre entièrement la période de soudure ce qui fait que les paysans surnomment le cacao, ‘’le sauveur de l’orphelin’’ car c’est lui qui prend soins des affamés. Pour sa récolte on se sert de couteaux ou d’une perche munie d’une petite faucille. L’écabossage se fait soit en tapant deux cabosses l’une contre l’autre ou en se servant de gourdins. Les fèves peuvent être lavées avant pour raccourcir le temps de séchage. La majeur partie des producteurs sèchent directement les fèves sans les laver ce qui non seulement prend du temps mais également donne une qualité inférieure avec parfois des fèves moisies. La fermentation est absente dans le processus de traitement du cacao à Kobéla.
Les plants de kolatier sont soit obtenus dans de vieilles plantations soit des pépinières réalisées à partir des noix. La transplantation se fait selon le même mode opératoire que le caféier. Le colatier est beaucoup plus complanté avec le café, mais il y en a aussi de pures plantations.
Bien qu’il soit moins exigeant, l’entretien du kolatier consiste à le désherber et à le débarrasser des plantes parasites.
La récolte de certains kolatiers se fait à toutes les saisons de l’année mais dans la plupart des cas nous assistons à la grande récolte d’octobre à mars. Les nouvelles autorités coutumières ont instauré pour la première fois le système de suspension sur la récolte du kola en 2015. Une première période deux semaines en décembre 2015 puis une autre de même durée en février 2016 ont été observées. Cette mesure permet aux producteurs d’avoir des kolas bien mûrs et ainsi une bonne récolte. Les gousses de kola sont récoltées à l’aide des perches à faucille ou des perches à crochet. Les gousses sont ensuite fendues à l’aide d’objets tranchants. La récolte du kola est interdite aux femmes mais elles peuvent en ramasser au pied.
Le palmier raphia est exploité pour sa sève, qui se fermente naturellement (le « vin de raphia »). Le raphia atteint l’âge de la maturité à 7 ans. Un seul pied de raphia planté peut donner par ramification, trois à 7 pieds voir plus lorsque les conditions sont favorables à son épanouissement. Après la saignée le raphia est visité trois fois par jour et par semaine et deux fois par jour et par semaine de façon alternée. Le vin de raphia est une boisson qui entre dans toutes les cérémonies et il est consommé quotidiennement par la plupart des agriculteurs et leur apporte un complément calorique non négligeable. Les hommes commencent leurs travaux par la prise d’au moins un litre de ce vin chacun. Quant aux femmes, le vin qui leur est réservé lors des travaux champêtre contient plus de sucre que celui des hommes, il est moins fermenté. Le vin de raphia communément appelé vin blanc procure un revenu monétaire parfois important par la vente. Ainsi lors de la prospection des gisements de fer de Zogota, au dire des enquêtés, le prix du vin de raphia à Kobéla avait été multiplié par cinq et le vin ne s’achetait plus que sur commande. Ainsi le raphia est entrain de disparaître dans les bas-fonds réservés à la riziculture pour être associé au cacao .Ce qui a poussé bon nombre de paysans à reprendre les plantations de raphia. Les tiges de raphia entrent la construction des toits de bâtiments et les feuilles, plus résistantes que celles du palmier à huile, sont également très appréciées pour la couverture des greniers et des hangars.
À Kobéla, le café est vendu en café coque sec dans des sacs de 100kg au prix moyen en 2015 de 400000GNF. Le premier essai de décorticage à la machine ne date que de 2016.
La coïncidence de la récolte de cacao avec la période de soudure affecte négativement son cours. En 2015 le prix du kilogramme est passé de 3000GNF, en début de récolte à 12 000GNF en fin de récolte soit un accroissement de 300%. Les planteurs souhaiteraient avoir une variété hâtive et une variété produisant à toutes saisons.
Le kola est vendu sous deux formes, avec pulpe et sans pulpe. La plus grande partie de la production de cola est vendue sous la forme « avec pulpe » à Kobéla. La forme lavée ou sans pulpe n’est vendue qu’en fin de période lorsque la production est moins importante. Le non lavé bien qu’il soit vendu à bas prix par rapport au lavé, son avantage est qu’il n’y a pas de marge de réduction sur son poids total. Il est payé à l’unité (kilogramme) affichée. Quant au cola lavé, sur la quantité pesée il y a une réduction de 10% qui sont considérés comme le poids de la somme des petits colas et des colas détériorés.
La figure 3 nous illustre l’évolution des prix du café, du cacao et du kola au kilogramme.

Figure 3 : Graphique de l’évolution du prix du kilogramme de cacao, café et de cola à Kobéla de juin 2015 à mai 2016. Sources : enquêtes
De cette figure, nous retiendrons que le prix des produits agricoles varie au cours de l’année et plus on s’éloigne de la période de récolte les prix s’apprécie. Cela s’explique par la loi de l’offre et de la demande.
Afin de pouvoir évaluer les performances économiques du système, nous avons dressé le tableau II.
Tableau II : Appréciation de la quantité de richesse créée par le système complexe café-kola-cacao-raphias et palmier à huile subspontané.
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Café |
Cacao |
Cola |
Palmier à huile spontané |
Palmier raphias |
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Récolte en JT |
7 |
9 |
2 |
169 |
90 |
|
Production en kg/ou en l |
400 kg |
300 kg |
74 kg |
1690 l |
1350 l |
|
Produit brut en GNF |
1 400 000 |
2 400 000 |
148 000 |
8 450 000 |
2 700 000 |
|
Défrichement en JT |
80 |
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|
JT total |
357 |
||||
|
Valeur ajoutée brute en GNF |
15098000 |
||||
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Productivité du sol |
2322769 |
||||
|
Productivité du travail en GNF/JT |
42291 |
||||
Il ressort de l’analyse de ce tableau que la palmeraie subspontanée dans les plantations reste la première source de revenu pour le paysan dans le système complexe café-kola-cacao-raphias et palmier à huile subspontané.
L’introduction de la palmeraie améliorée à Kobéla résulte de l’impact de la Société Guinéenne de Palmier à Huile et d’hévéa (SOGUIPAH). Les premières plantations sont caractérisées par le rapprochement des palmiers non plantés en ligne et avec une abondance des variétés ‘’tout venant’’ communément appelées sauvageons. Ces défaillances sont aujourd’hui corrigées par des nouveaux planteurs de palmier.
Pour les plus nantis, ils achètent les noix en Côte d’Ivoire grâce à des canaux sûrs ; les autres achètent soit les noix vendues sur le marché local appelées ‘’Diécké’’, pour désigner les semences issues de la SOGUIPAH. Les pépinières sont généralement réalisées au village afin de rendre facile l’arrosage et la surveillance. La pépinière dure deux ans. Pour ceux qui veulent réaliser plus vite leur palmeraie, ils achètent des plants de deux ans à 3500 GNF (pour l’année 2015). Après piquetage les jeunes pousses sont plantées avec un écartement de 9 à 10m. La méthode la plus utilisée est d’associer le palmier au riz de versant. Ainsi la mise en terre des plants de palmier a lieu entre le second brûlis et les semis. Pour rentabiliser la nouvelle palmeraie, on y plante de l’ananas. Dans toutes les palmeraies visitées à Kobéla, nous y avons trouvé de l’ananas.
Après l’installation de la plantation, des vieux bols ou des grosses boites de tomate sont utilisés comme ceinture au pied des palmiers contre les rongeurs. Le nettoyage se fait une à trois fois dans l’année afin de garder propre la plantation et faciliter le ramassage des régimes et des noix qui se dispersent à la récolte. Pour certains, la coupe des rameaux se fait en même temps que celle des régimes une fois que la palmerais entre en production. Pour d’autres par contre la coupe des rameaux se fait à part.
Dans la palmeraie, les régimes mûrs se rencontrent à toutes les périodes de l’année, mais la grande production s’étend de décembre à juin. La récolte se fait soit au coupe-coupe soit à la lance.
Les régimes récoltés sont transportés soit par portage manuel, sur la tête (cas le plus fréquent) soit en brouette au pressoir, lieu aménagé si possible dans la plantation. Le pressoir est toujours proche d’un point d’eau. Après deux à trois jours voire plus de la récolte, les régimes sont égrainés et les noix de palme sont cuites dans des demi-fûts. Après cuisson, les noix sont pilées dans un autre demi-fût placé dans le sol, avec une plaque en bois au fond. Les noix pilées sont directement pressées à l’aide d’une presse mécanique si on en dispose ou si on en loue. L’huileobtenue est ensuite mise au feu pour la débarrasser des impuretés. Pour ceux qui n’utilisent pas de presse, les noix pilées sont lavées dans un bol progressivement, la solution obtenue est mise au feu dans un fût et l’huile qui surnage est prélevée et mise dans des bidons. Les rameaux coupés lors de l’élagage et les résidus de régimes sont utilisés comme combustible à la cuisson des noix. Les palmistes sont séparés des fibres. Une quantité des fibres est bien séchée et conservée et sera utilisée pour allumer les feux.
Dans le souci de faire une analyse économique du système de culture, nous avons choisi une palmeraie en plaine production c’est-à-dire après 5ans de production avec une superficie 1ha. Les résultats auxquels nous avons abouti se trouvent consignés dans le tableau III.
Tableau III : Appréciation de la quantité de richesse créée par le système de palmeraie améliorée en monoculture.
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Défrichement en JT |
20 |
|
Récolte et extraction d’huile en JT |
202 |
|
Production en l |
2016 |
|
Produit brut en GNF |
10080000 |
|
JT total |
222 |
|
Productivité du sol |
10080000 |
|
Productivité du travail en GNF/JT |
45405 |
NB : la palmeraie estdéfrichée deux fois par an avec 10 JT par période.
Pour ce système de culture, une seule plantation est entrée en production et celui à qui appartient cette plantation réside à Conakry ; nous n’avons donc pas pu le rencontrer. Nous avons observé dans sa plantation une aire de stockage du coagulum.
La baisse du prix du coagulum et surtout le monopole de son l’achat détenu par la SOGUIPAH découragent les paysans à s’investir dans cette système. Depuis 2013 il n’y a pas de nouvelles plantations ; et les pépinières même celles installées au village sont à l’abandon. Chez certains paysans les plants ont dépassé l’âge du greffage. Ainsi, à part l’observation, ce système de culture n’a pas fait l’objet d’une étude détaillée dans le présent mémoire
Les plaines alluvionnaires sont exploitées à tous les mois de l’année et cela tous les ans. L’arachide en rotation avec le riz, les dépôts limoneux lors des crues permettent au sol de maintenir leur niveau de fertilité.
Le défrichement des plaines alluvionnaires pour la culture de l’arachide de contre saison débute en janvier. Si sur la parcelle il n’y a que des chaumes de riz, le brûlis aura lieu au soir du dernier jour de défrichement.
À la veille du semis, les graines d’arachide sont trempées dans de l’eau durant toute la nuit. Ces graines sont ensuite étalées au soleil pendant que la parcelle est en train d’être labourée à la petite houe. Après le labour, le semis se fait par poquets. Trois variétés d’arachide ont été répertoriées :
- la variété boïteghna à petites graines courtes blanches qui donne deux graines par gousse ;
Un seul désherbage a lieu. Il est effectué par la femme propriétaire du champ d’arachide seule ou avec ses enfants.
La récolte se fait progressivement en fonction des besoins de l’unité de production. Rarement des journées entières seront consacrées à la récolte.
L’arachide de contre saison est principalement une arachide de bouche. Elle est vendue fraiche en gousse le plus souvent par mesure de zougoulouou par sac à raison de 2000GNF le zougoulou et 200000GNF le sac de farine en 2015. Les variétés bouakè et boïteghna sont très appréciées à cause de leur teneur élevée en sucre.
La culture de l’arachide de contre saison introduite il ya quatre ans par les femmes de Ouro sur les rives de Boly, limite entre Kobéla et Ouroprend de l’envergure surtout à Boloa où l’arachide de versant ne réussit pas compte tenu de la nature du sol. Le faible coût d’opportunité de l’arachide de contre saison et son impact sur le riz qui le succède sont des facteurs qui lui rassurent un avenir radieux.
La riziculture inondée de plaine alluvionnaire succède à l’arachide sans défrichement et le semis se fait à la volée. Le labour est moins pénible et mobilise peu de main d’œuvre. Il ne consiste qu’à remuer la terre pour enfouir les graines de riz sur un sol déjà retourné par la récolte de l’arachide. Les variétés rencontrées dans les plaines alluvionnaires sont les mêmes que celles cultivées dans les bas-fonds. Nous avons répertorié les variétés suivantes : balaywè, kpowoloyamôlô, hologopoulou, yamôlôgouma, môlôgbôlou. À part les travaux de préparation de sol qui ne demandent pas l’intervention de groupes d’entraide et à l’emploi de contractuels dans les plaines alluvionnaires ; le désherbage (qui est fonction des crues) et la récolte se font de la même manière que pour le riz de versant.
Les résultats auxquels nous avons abouti dans la détermination des performances économiques du système de culture se trouvent consignés dans le tableau IV.
Tableau IV : Appréciation de la quantité de richesse créée par le système de culture de plaines alluvionnaires
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Désignation |
Arachide |
Riz |
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Quantité de semence en kg |
34 |
57 |
|
Superficie en ha |
1 |
1 |
|
JT défrichement |
9 |
0 |
|
JT semis |
11 |
5 |
|
JT désherbage |
11 |
29 |
|
JT récolte |
14 |
43 |
|
Total JT |
45 |
77 |
|
Production totale brute |
11,4 sacs |
3248kg |
|
Produit brut en GNF |
2280000 |
6496000 |
|
Consommation intermédiaire en GNF |
340000 |
114000 |
|
Valeur ajoutée brute en GNF |
1940000 |
6382000 |
|
Valeur ajoutée brute/JT en GNF |
43111 |
82883 |
|
Total jour de travail pour l’ensemble du système |
122 |
|
|
Valeur ajoutée brute du système GNF |
8322000 |
|
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Productivité du travail pour l’ensemble du système en GNF |
68213 |
|
Il ressort de l’analyse de ce tableau que la valeur ajoutée brute dégagée par riz est supérieur à celle de l’arachide et cela bien que les deux cultures occupent des surfaces égales. Ce bon résultat obtenu dépend en partie des effets de la rotation de l’arachide avec le riz.
La plupart des unités de production ont accès à des bas-fonds en général dans le prolongement du domaine de versant. Les premières mises en valeur des bas-fonds n’étaient que la suite des champs de versant. À cette époque les travaux se réalisaient dans les bas-fonds au même moment que ceux sur versants avec la même variété de riz. Pendant que ces bas-fonds étaient couverts de forêts, ils n’étaient pas aussi humides comme de nos jours. La culture de palmier raphia va augmenter le niveau d’humidité des bas-fonds. Les bas-fonds seront long temps consacrés à la culture du palmier raphia. Suite à la pression foncière caractérisée par la baisse des rendements du riz de versant causée par la courte durée des temps de friche, le palmier raphia est en train de disparaître dans les bas-fonds au profit du riz. Dans les années 90, Kobéla a bénéficié des aménagements de bas-fonds de la part de l’État et de ses bailleurs de fonds mais faute d’entretien le rendement de certains de ces bas-fonds est même inférieur à celui des bas-fonds non aménagés, car les digues et diguettes empêchent les eaux de ruissellement, principale source de fertilisants d’atteindre les casiers. D’où l’abandon de certains bas-fonds aménagés. Depuis 2007, les bas-fonds de Kobéla connaissent un nouveau mode d’aménagement, celui en étang piscicole. Ainsi, de nos jours, la riziculture irriguée de bas-fond est pratiquée dans les bas-fonds non aménagés, les bas-fonds aménagés et les étangs piscicoles. Le terme système de culture de bas-fonds désigne pour nous dans le cadre de cette recherche, tous les systèmes de culture de bas-fonds hors étangs.
Le défrichement des bas-fonds a lieu au mois de juin au plus tôt, avant que les bas-fonds ne soient inondés. Il est réalisé par des hommes de moins de 40 ans car pour les plus âgés ce type de défrichement est plus pénible que celui de versants. Plus de la moitié de ceux qui pratiquent de la riziculture irriguée emploient soit des contractuels ou appliquent de l’herbicide pour le défrichement
Il consiste à retourner la terre à la l’aide de grosses dabas. Il permet non seulement d’obtenir une meilleure répartition de l’eau à la surface du bas-fond mais aussi facilite le repiquage
Il se fait généralement le même jour que l’arrachage et le transport des plants de la pépinière
Il nécessite donc la réalisation préalable d’une pépinière. Plusieurs techniques ont été répertoriées notamment le SRI et le traitement de la semence par semi-étuvage mais ces techniques sont peu appliquées et ceux qui les appliquent ne les font qu’en partie.
Dans certains cas, où le bas- fonds est argileux et le sol compact, le semis à la volée est pratiqué lorsque le sol n’a pas été défoncé. En plus, les producteurs en retard dans leurs travaux ou qui ont défriché une grandesurface peuvent semer le riz à la volée pour aller plus vite, même si les conditions de solet d’humidité du bas- fond sont réunies pour un repiquage.
Les résultats auxquels nous avons abouti dans la détermination des performances économiques du système de culture se trouvent consignés dans le tableau V.
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Surface (en are) |
25 |
|
Quantité de semence (en kg) |
17 |
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Réalisation de la pépinière (JT) |
2 |
|
Défrichement (boîte d’herbicide) |
2 |
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Défoncement (JT) |
0 |
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Arrachage de la pépinière (JT) |
3 |
|
Repiquage (JT) |
5 |
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Désherbage (JT) |
6 |
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Récolte (JT) |
1 |
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Battage (JT) |
2 |
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Jours de travail total(JT) |
30 |
|
Rendement totale (kg) |
270 |
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Valeur de la production (GNF) |
540 000 |
|
Consommation intermédiaire (GNF) |
98 000 |
|
Valeur ajoutée brute (GNF) |
442 000 |
|
Productivité du travail (GNF) |
14733 |
|
Rendement/ ha (kg) |
1080 |
|
Productivité du sol (GNF) |
1768 000 |
Tableau V : Appréciation de la quantité de richesse créée par le système de culture de bas-fonds.
Les étangs de production sont empoissonnés suivant la formule « 10111»par arece qui équivaut à 10 tilapias, 1 hétérotis, 1 silure et 1 hémichromis pour un are. Dans les conditions de Kobéla où les étangs ne sont pas fertilisés (à l’exception d’un seul pour le moment), le cycle de production du poisson est de 6 mois pour le tilapia contre 1an pour l’hétérotis et le silure en moyenne. Le pourtour de l’étang est nettoyé trois fois dans l’année afin d’éloigner les prédateurs notamment les serpents. Selon Ly (2016) le défrichement des digues d’un étang de 21 ares équivaut à 5 heures de travail. Pour associer la production de poisson à celle du riz, le repiquage suit généralement la fin du deuxième cycle, après la dernière pêche. Certains pisci-riziculteurs ayant repiqué du riz en milieu de cycle déclarent avoir constaté des plants de riz arrachés par des poissons. D’autres par contre sont obligés de semer à la volée lors qu’ils n’ont pas pu réaliser leur pépinière à temps. La riziculture dans les étangs est exempte de défrichement, de défoncement et de désherbage lorsqu’il ya une bonne maîtrise de l’eau.
Pour l’analyse technico-économique du système de culture dans cette étude, bien que le semis à la volée donne par endroit des rendements presque identiques à celui du repiquage, nous n’en tiendrons pas compte. Car pour les pisci-riziculteurs, le semis à la volée n’est qu’un recours de dernières minutes.
Les résultats auxquels nous avons abouti dans la détermination des performances économiques du système de culture se trouvent consignés dans le tableau VI.
Tableau VI : Appréciation de la quantité de richesse créée par le système de culture étang piscicole.
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Surface (are) |
7 |
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Quantité de semence (kg) |
2 |
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Réalisation de la pépinière (JT) |
0,5 |
|
Défrichement(JT) |
0 |
|
Défoncement(JT) |
0 |
|
Arrachage de la pépinière (JT) |
1 |
|
Repiquage (JT) |
2 |
|
Désherbage (JT) |
0 |
|
Récolte (JT) |
4 |
|
Battage (JT) |
2 |
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Jours de travail total |
5,5 |
|
Rendement totale (kg) |
180 |
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Produit brut (GNF) |
360000 |
|
Consommation intermédiaire (GNF) |
4000 |
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Valeur ajoutée brute (GNF) |
356000 |
|
Valeur ajoutée brute par jour de travail (GNF) |
64727 |
|
Rendement/ ha (kg) |
2571 |
|
Valeur ajoutée brute par hectare(GNF) |
5085714 |
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Pisciculture |
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Semence du cycle 1 en GNF |
140000 |
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Semence du cycle 2 en GNF |
30000 |
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Consommation intermédiaire en GNF |
170000 |
|
Produit brut du cycle 1 en GNF |
400000 |
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Produit brut du cycle 2 en GNF |
990000 |
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Produit brut total des deux cycles en GNF |
1390000 |
|
Valeur ajoutée brute en GNF |
1220000 |
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Productivité de l’étang pour les deux cycles en GNF/ha |
12200000 |
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Système étang |
|
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Valeur ajoutée du système en GNF |
1576000 |
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Productivité du sol pour le système GNF/ha |
15760000 |
Pour Hanquiez et al. (2009), le travail requis pour la surveillance et la gestion d’un petit étang de 10 ares n’est pas très différent de celui pour un barrage d’un hectare. Ainsi pour la production de poisson le concept de productivité du travail a été négligé.
Dans cette section, nous utiliserons la productivité du travail et la productivité du sol pour comparer les différents systèmes de culture.
La productivité du travail est la quantité de richesse créée par jour de travail, que ce travail soit domestique ou acheté.
Le système de culture dans les étangs piscicoles n’intègre pas cette comparaison du fait que le nombre de jours de travail consacrés à la pisciculture n’est pas proportionnel à la taille de l’étang. Ainsi pour un même nombre de jour de travail on peut obtenir des productivités très différentes. Le concept productivité du travail ne donne donc pas de renseignement significatif en pisciculture.Ainsi pour mieux illustrer cette comparaison, nous avons élaboré la figure 4.

Figure 4 : comparaison de la productivité de travail des différents systèmes de culture (source : enquêtes).
Cette figure nous montre que le système de culture dans les plaines alluvionnaires a la productivité de travail la plus élevée plus de (50 000 GNF par jour de travail). Elle est suivie par le système de palmeraie sélectionnée en monoculture, du système complexe à base de café qui sont aux environs de 50 000 GNF par jour de travail. Le système de culture de bas-fonds vient en dernière position avec moins de 20 000 GNF par jour de travail.
La productivité du sol est la quantité de richesse créée par unité de surface.
Ainsi pour mieux illustrer cette comparaison qui tient compte de l’ensemble des systèmes de cultures étudiés, nous avons élaboré la figure 5.

Figure 5 : comparaison de la productivité du sol des différents systèmes de culture (source : enquêtes)
Cette figure nous montre que le système de culture pisci-rizicole a la productivité du solla plus élevée avec plus de 15 000 000 GNF par ha et par an. Il est suivi par le système de culture de plaines alluvionnaires et le système de culture de la palmeraie sélectionnée en monoculture qui dépassent chacun la barre des 5 000 000 GNF par ha et par an. En fin nous avons le système complexe à base de café, le système de culture d’abattis-brûlis et le système de culture de bas-fonds qui ont chacun moins de 2 000 000 GNF par ha et par an.
NB : l’année 2015 n’est pas une année de référence pour le système complexe à base de café car la production de café a chuté de 75% par rapport à celle de 2014.
Parmi les espèces animales élevées à Kobéla nous pouvons citer entre autres de la volaille, des ovins, des caprins et des porcins.
La volaille est soit élevée au village ou en brousse au grenier. La volaille est dans les deux cas en divagation. Dans le plus souvent, ces poulets se servent des branches d’arbre ou le toit du grenier pour passer la nuit. Pour les poules couveuses elles se cherchent des endroits isolés où elles restent jusqu’à l’indépendance de leurs petits. La volaille ne reçoit pas de soins vétérinaires. Ces poulets sont rarement vendus et pour s’en procurer il faut soit attendre la nuit pour les capturer dans leur sommeil ou mettre les enfants à leur poursuite jusqu’à ce que ces poulets soient épuisés. C’est la race locale qui élevée. Ces poulets sont utilisés dans des sacrifices, lors des fêtes et en guise d’honneur pour un hôte de marque. Quant aux œufs, ils sont réservés pour la reproduction et quelques fois pour des sacrifices dans lesquels ils sont cassés dans les carrefours. Le prix moyen d’un poulet à Kobéla était de 30000GNF en 2015. Les œufs ne sont pas vendus, ils sont offerts au besoin sollicité.
De race Djallonké, ils sont en divagation au village et causent des dégâts sur les produits étalés au soleil pour le séchage et sur des jardins de case. Ils se reproduisent avec une monte libre et sont sans soins vétérinaires particuliers, excepté les campagnes nationales de vaccination. Ils sont sans logements spécifiques. Ils passent la nuit dans des bâtiments délabrés, les vérandas, les hangars et les tables du marché. On y fait recours à des moments exceptionnels comme des sacrifices ou à l’arrivée d’hôte de culture inconnue. Le prix moyen de la chèvre était de 250000GNF contre 400 000GNF pour le mouton en 2015.
C’est le principal système d’élevage à Kobéla. Les races élevées sont importées, principalement deux : la race blanche à bouche longue et à petites oreilles et la race blanche à bouche courte et à larges oreilles. Ils sont logés dans des abris en planches de bois avec un toit en tôles. Certains sont construits en ciment. La reproduction se fait en saillie contrôlée. La base de l’alimentation est le tourteau de palmiste auquel peuvent s’ajouter le son de riz, du sel, les fruits tels que la papaye, les feuilles de manioc et de patate et les restes de cuisine. La ration est servie une fois par jour, tôt le matin. L’eau d’abreuvement provient des forages, des puits, des cours d’eau selon la proximité de la porcherie du point d’eau. Les animaux suivent un soin vétérinaire suivant leur âge ou à l’apparition de maladie. On assiste à deux mises-bas par an avec une portée moyenne de 6 porcelets par mise bas. Le prix moyen du porc à Kobéla est de 600000GNF
L’élevage des porcs connait un essor à Kobéla ce qui fait du porc la première source de protéines d’origine animale. Il procure un revenu important tant aux éleveurs qu’aux bouchères et restauratrices. L’élevage porcin s’intègre mieux aux systèmes de production en place par le financement des travaux champêtres par les revenus de la porcherie, la consommation des résidus de récolte par les porcs, l’utilisation des déchets porcins comme fertilisants dans les jardins potagers et comme engrais de fond à la transplantation du palmier amélioré.
Nous avons choisi un seul atelier afin de comprendre ce système d’élevage.
Effectif actuel : 21animaux (2truies mères, 2 truies juvéniles, 16 porcelets sevrés et 4 pourceaux au lait)
Saillie contrôlée ; deux mises bas par an ; 4 à 8 petits par portée ; 1 mort par portée. Durée de la truie dans le cycle de reproduction, 1 an.
Nombre de porcelets nés par an par truie : 2 x 6 = 12
Taux de mortalité : 1/6
Nombre de porcelets restant à élever par truie : 10. Ainsi 10 animaux sont produits par an et par truie soit 5 femelles et 5 mâles. Le prix moyen du porc est de 450000GNF pour un porc d’un an et de 250000GNF pour celui de 6 mois.
Une femelle de la première mise-bas est retenue pour remplacer la truie mère.
Nombre d’animaux de la première mise bas vendus : 5.
Produit tiré de la première mise-bas : 2 250000GNF
Produit estimé de la deuxième mise-bas : 1500000GNF.
Produit tiré de la vente de la truie mère : 800000GNF.
Produit brut par femelle et par an : 4550000GNF
Alimentation :
Besoin total annuel en son de riz, environ 14 sacs de 100kg.
Besoin total annuel en tourteau de palmiste, environ 14 sacs de 100kg
Le sac de 100kg de son de riz est vendu à 15000GNF
Le sac de 100kg de tourteau de palmiste est vendu à 80000GNF
Les charges totales annuelles liées à l’alimentation s’élèvent à 1 330 000GNF
Soins sanitaires:
Les frais de soins sanitaires s’élèvent à 5000GNF chez les petits par tête contre 10000GNF par tête chez les adultes.
Ainsi les charges liées aux soins sanitaires se répartissent comme suit :
Pour les petits :
Au troisième mois de la première mise-bas 30 000GNF
Au sixième mois de la première mise-bas 60 000GNF
Au neuvième mois de la première mise-bas 60 000GNF
Au troisième mois de la seconde mise-bas soit30 000GNF
Au sixième mois de la seconde mise-bas 60 000GNF
Pour la truie mère : elle reçoit quatre soins dans l’année soit 40 000GNF
Les charges totales annuelles liées aux soins sanitaires s’élèvent à 280 000GNF
Les consommations intermédiaires s’élèvent à 1610 000GNF
La valeur ajoutée brute par truie et par an est d’environ 2940000GNF
Conclusion : l’analyse économique du système d’élevage porcin nous laisse voire avec sa valeur ajoutée brute, que ce système est à forte valeur ajoutée même avec un noyau peu important dans les conditions de Kobéla. La comparaison de ce système avec les autres systèmes ne peut être possible qu’avec les notions de rentabilité ce qui nécessite la collecte de données supplémentaires plus détaillées. Nous réservons ce travail pour les recherches futures.
La communauté de Kobéla s’est constituée suivant quatre principales périodes qui correspondent à l’installation des lignages fondateurs, l’établissement des alliances entre les lignages fondateurs et les nouveaux arrivants la fusion des hameaux, l’émigration massive des bras valides et le retour des émigrés.
La communauté villageoise est constituée principalement de cinq lignages « Kolié » avec chacun ses hôtes venus s’installer à des périodes différentes de l’histoire. La gestion des terres de tout le Nianaoueia (territoire couvrant Kobéla et ses environs) avait été confiée au lignage Gboloma par le village de Maouon (village situé au nord de Kobéla). Il revenait désormais à Gboloma d’installer les autres groupes de migrants qui arriveront après lui dans le Nianaoueia. Ces groupes de migrants qui arrivent proviennent tous de l’actuelle préfecture de Beyla. Ils s’installent sur des terres de façon progressive. À cette époque, les limites entre les différents villages ne sont pas clairement établies. Ces limites seront établies au fil du temps par la mise en valeur des terres. A cette période, les principales activités sont la culture du riz de coteaux, la chasse et on assiste à la plantation de quelques pieds de cola. La main d’œuvre est familiale (Loëinamou et du Danamou, 2015, communication personnelle). Ainsi les communautés dites « fondatrices »de Kobéla vivaient dans six villages à savoir :
La période coloniale commence avec la fin de la conquête par l’armée française aux confins de son empire coloniale en 1911-12 (Suret-Canal, 1970).
C’est la phase des alliances entre les lignages, de nouveaux groupes de migrants arrivent des préfectures actuelles de Beyla et de Kérouané. Ils sont reçus par des lignages fondateurs. Ces nouveaux arrivants sont appelés « malinké » : ils gardent en effet leurs noms malinkés mais intègrent parfaitement les communautés d’accueil. Ils reçoivent des terres de leurs hôtes pour leur subsistance. Des alliances kalanla-maleinla s’établissent entre hôtes et tuteurs. C’est à cette époque que Bakolè, un chasseur originaire de Wouloukpouloumou fonde le village actuel de Kobéla. Le site choisi se trouve dans le territoire du village de Kpamakama, village très proche de Wouloukpouloumou. Mais la proximité ne suffira pas pour construire la première case. L’autorisation de construction sera demandée au Loëinamou de Kpamakama qui donna son accord. C’est ce même Loëinamou qui alla voir ses homologues de Wégoua et de Gboloma pour les inviter à venir habiter le nouveau village. Quant aux villages de Ghnilèta et de Boloa qui n’avaient pas été invités, ils rejoindront plus tard le nouveau village. La cohabitation de l’administrateur général du territoire (le Loëinamou de Gboloma) d’avec l’administrateur délégué (le Loëinamou de Kpamakama) a conduit à la création d’un poste de Danamou et ce poste est revenu au Loëinamou de Kpamakama tandis que le Loëinamoula est resté à celui de Gboloma et cela jusqu’à nos jours.
Pour Delarue (2007) l’administration coloniale tente d’inciter la population à abandonner les hameaux de culture et à cultiver près des routes, mais apparemment sans réellement l’imposer.
La première République débute avant l’indépendance nationale en 1958 et prend fin en 1984 avec la mort du président Sékou Touré. Pour Kobéla, comme pour de nombreux villages de la région, c’est la période de l’émigration massive des bras valides principalement vers le Libéria. Pour fuir la rigueur des impôts de capitation imposés par le régime sur les produits agricoles, les jeunes gens voyant qu’ils ne profitaient plus du fruit de leur travail sont obligés de quitter leur patrie.
Parmi les chefs de ménage interrogés, plus de 80% sont soit allés en « aventure » ou même nés hors des frontières nationales. Il y a eu littéralement dépeuplement du village.
Les destins personnels des individus durant cette période sont cruciaux pour comprendre leur position durant les périodes ultérieures et jusqu’à celles de leursdescendants actuels.
La plupart de ces émigrés ne se sont pas beaucoup éloignés des frontières et ont gardé des attaches au village. Ils venaient travailler pour leurs parents et gardaient un regard sur leurs terres en y faisant des champs ou en défrichant en partie certaines plantations. Dans ces cas, l’accès à un domaine foncier au village était assuré même si peu d’hommes ont planté à cette époque à Kobéla.
D’autres au contraire se sont durablement éloignés du village. Ne mettant plus eux-mêmes en valeur des terres, ceux qui ont été poussés à revenir ont pu éprouver des difficultés pour négocier l’accès à des terres dans les nouvelles conditions qui s’imposèrent dans les années 90.
La prise du pouvoir par l’armée en 1984 par le Général Lansana Conté amorce un tournant radical dans la conduite des affaires du pays. Le nouveau gouvernement ne tarde pas à confirmer la réouverture de la Guinée et à s’engager dans une politique économique résolument libérale.
Pour le village de Kobéla ce changement de régime a une conséquence immédiate : c’est le retour massif des émigrés. Cette période est marquée par les conflits domaniaux car le droit de hache rétabli par le nouveau régime avait été remplacé par le régime précédent par le droit de mise en valeur. Ainsi les émigrés qui autre fois ne surveillaient pas leurs terres ou qui les avaient confiées à ceux qui en possédaient peu et qui avaient fini par s’en accaparer étaient en conflit. Toutes ces terres conflictuelles n’ont pas pu être récupérées entièrement par leurs propriétaires initiaux. La matérialisation des limites devient alors une nécessité et c’est ainsi que les limites entre les parcelles qui étaient au par-avant floues ont été clarifiées. Désormais les têtes de sources, les palmiers, les gros arbres, sont utilisés comme références. Cette période est aussi marquée par l’installation de grandes plantations de café. Des frères installent des plantations de façon imbriquée sur les terres héritées de leurs ascendants. Suite à des vols en répétition enregistrés au moment des récoltes aux abords des plantations entremêlées, ils décident alors de délimiter leurs plantations par une espèce végétale appelé tokpawoulou. Ce qui ne sera pas le cas pour les friches réservées à la riziculture pluviale.
Ici nous parlerons essentiellement de l’accès au foncier, à la force de travail et au capital.
Le terme kpélè tiiporte une double signification. Il signifie en général champ en végétation quelle que soit sa taille. Mais pour parler de la taille d’un champ le terme tii sera suivi d’un adjectif numéral cardinal (tönö ou dönö=1 ; vélè ou wélè=2, etc.). Par exemple un champ en végétation qualifié de tiiwélè, c'est-à-dire deux champs, correspond à un champ de 30 waraba de semence soit 150kg de riz paddy. Une friche de 1 à 3 ans porte le nom kpomo, et sera appelée löhö au-delà de 4 ans. Les propriétés foncières sont ainsi exprimées en tiikèlöhötraduit littéralement par ‘’forêt de champ’’. Un tii équivaut environ à 1,5ha.
La terre dans les unités de production se transmet d’une génération à une autre en transitant par les femmes. Ce phénomène passe inaperçu dans les unités monogames. Dans les unités polygames, les friches qui ont servi de champs pour une épouse sont celles que les frères utérins héritent. Ce mode d’accès ne favorise pas les enfants de l’épouse qui a eu plus de garçons. C’est pourquoi il n’est pas rare de constater une inégalité d’accès au foncier entre des frères issus d’une unité complexe. Les filles n’ont pas droit à l’héritage de leurs parents car elles sont considérées comme partantes. Certains héritent aussi des terres de leurs oncles ou de leurs frères qui meurent sans un descendant mâle. Les plantations ne sont héritées qu’à la mort de chef d’unité. C’est le fils aîné qui se chargera de son partage en s’octroyant la meilleure partie car il est supposé être celui qui a beaucoup travaillé dans ces plantations.
Les dons représentent la forme la plus ancienne d’accès à la terre et quoique rare de nos jours, elle est pratiquée par des chefs d’unités à certains de leurs proches (petits-fils, neveux et amis) désirant faire des plantations. Certaines filles, une fois mariées, peuvent avoir des terres de la part de leurs parents si leurs époux n’en ont pas assez pour prendre soin de leurs ménages.
Certains chefs d’unités pour avoir accès à des friches mûres alternent soit leurs versants avec des terres empruntées ou louées à ceux qui en possèdent plus. Le prix moyen de la location d’une friche (tiikèlöhö) environ 1,5ha de coteau ou0,5ha de bas-fond pour un cycle de riz était de 250 000 GNF en 2015.La mise en location des terres représente un avantage considérable pour le propriétaire. Elle lui permet non seulement de diversifier ses sources de revenu mais également de garder le contrôle de sa propriété foncière car chaque locataire constitue un témoin en cas de contestation future. C’est pourquoi les parcelles à louer sont de préférence situées aux limites de la propriété foncière revendiquée.
La vente de terres de culture a été freinée par les fils ressortissants résidants à Conakry lors d’une rencontre avec toutes les couches du village en marge des campagnes présidentielles de 2015. Ceux qui ont acheté des terres avant cette date prenaient pour témoins ceux qui sont aux voisinages de la parcelle et informaient le conseil des sages (le cabinet du loëinamou). La plupart des terres achetées sont occupées par des plantations, ce pour empêcher toute réclamation ultérieure par les descendants du vendeur.
Dans les unités de production, le travail se reparti par genre selon l’âge des actifs. Ainsi dans la riziculture pluviale, le défrichement, l’abattage, le brûlis et l’écobuage sont à la charge des hommes. Ils commencent le travail vers 9 heures après la prise de quelques gorgées de vin de raphia. Si au début du travail on ne consulte pas de montre, la fin de la journée de travail est à 16h00.
Le travail de semis tout comme le désherbage et la récolte qui reviennent aux femmes, à la différence de ceux exécutés par les hommes, commencent très tôt avant 8h et se terminent à 17h. Le vin est servi en raison d’un litre pour deux femmes et la qualité sollicitée est le vin faiblement fermenté, plus sucré que celui des hommes.
Dans la riziculture irriguée, le défrichement et le défoncement sont des travaux d’hommes tandis que le repiquage est aux enfants ; le désherbage et la récolte aux femmes.
L’installation et l’entretien des plantations sont réalisés par les hommes. Les travaux liés aux cultures maraîchères ou à la culture de l’arachide ne se font pas par groupes d’entraide ; ils sont entièrement exécutés par les femmes aidées de leurs enfants. L’installation de la plantation se fait par des hommes munis de leurs machettes.
Les filles sont plus précoces que les garçons dans l’assistance des parents car déjà à 7ans elles sont actives aux côtés de leurs mères tandis que pour les garçons il faut environ 12 ans pour les voir avec leurs pères.
Afin de réaliser aisément sa tâche chaque actif intègre un groupe d’entraide (kpö). Ces groupes sont constitués par des actifs travaillant dans la même direction. Nous avons les groupes d’enfants, de femmes et d’hommes. Si ces groupes se renouvellent chaque année, il reste tout de même un noyau autour duquel le nouveau groupe se construit. Cela est surtout très fréquent chez les femmes où nous avons la même chef de groupe presque pour toutes les activités et ce, pendant plusieurs années de suite. Le chef de groupe a pour rôle la répartition des jours de travail aux membres du groupe. Ces groupes tournent généralement deux fois mais l’effectif du deuxième tour est moins important que celui du premier. Le plus grand effectif que nous avons enregistré est de 27 membres. Mais en moyenne les groupes sont constitués d’environ 15 membres. À Kobéla trois jours dans la semaine sont consacrés au principal groupe d’entraide. Cela pour permettre aux uns et aux autres de faire d’autres activités afin de satisfaire les besoins quotidiens de leur ménage. D’autres profitent de cette trêve pour former des sous-groupes d’entraide. La fidélité à un groupe d’entraide peut conduire le groupe à secourir un des leurs en réalisant pour lui le travail qui lui revient en cas d’indisponibilité sanitaire par exemple.
Certains participent aux groupes d’entraide dans le seul but de vendre mieux leur force de travail.
Pour une personne voulant acheter le tour d’un enfant, la discussion aura lieu entre elle et la mère de l’enfant et c’est à elle que le règlement sera fait.
Lorsque le travail dépasse la capacité de l’unité de production, elle fait alors recours à la main d’œuvre salariée, les contractuels. Il existe à Kobéla des journaliers individuels et des équipes de contractuels. La rémunération de la journée de travail était de 15000GNF pour les adultes et de 10000GNF pour les enfants en 2015. Cette rémunération est fonction de la bourse des paysans ; en 2016 suite à la conjoncture liée à la baisse de rendement du café lors de la campagne précédente, les premiers travaux champêtres ont été rémunérés à 12000GNF la journée de travail. La rémunération peut aussi être en nature pour la moisson. Il n’est pas rare de voir les unités de production discuter tout le travail avec une équipe de contractuels ; en ce moment, les horaires ordinaires de début et de fin de la journée de travail ne seront pas respectés car le groupe a pour ambition de finir vite pour faire face à d’autres contrats éventuels. La rémunération à la coupe de régimes de palmier est fonction de la quantité de régimes coupés à raison de 1500 GNF par régime. La rémunération du traitement chimique est fonction de la quantité de boîtes utilisées à raison de 10 000 GNF par boîte. Tous les travaux sont accompagnés dans les unités de production d’une restauration à raison d’un kilogramme de riz pour trois personnes et d’une boisson à raison d’un litre de vin de raphia par homme ou d’un demi-litre par femme.
Pour la récolte de café par les journaliers, deux modes de rémunération sont en usage : la rémunération ordinaire à la journée de travail à 15000GNF et la rémunération proportionnelle à la quantité de cerises récoltées (le sac de farine rempli à 10000GNF). Le défoncement des bas-fonds est la plupart du temps confié à des saisonniers kissi ou malinké car il s’agit d’une opération pénible où les jeunes kpélè n’excellent pas. Bon nombre de riziculteurs se tournent désormais vers les groupes locaux du fait qu’ils peuvent différer leur rémunération jusqu’en décembre pour mieux préparer les fêtes de fin d’année.
L’accès au capital se fait suivant plusieurs modalités :
Certains participent aux groupes d’entraide dans le seul but de vendre mieux leur force de travail. Il y a aussi des groupes de travail conçus uniquement pour la vente de la force de travail. Dans ces groupes, les membres ont un tarif avantageux par rapport au reste de la population. Mais les membres n’ont droit au groupe que lorsqu’il n’y pas un autre client. L’argent obtenu est partagé en fin d’année à part égale et c’est pourquoi dans ces groupes, celui qui s’absente paye d’abord sa journée de travail plus une amende de compensation pour la surcharge de travail imposé aux autres.
Certains paysans vendent leur force de travail individuellement c’est-à-dire sans être dans un groupe de travail ou sans que le travail n’exige la mobilisation d’un groupe (coupe de régimes de palmier à huile). On peut remarquer aussi pour une même activité que les gens qui y travaillent agissent chacun à son compte.
Le grand intérêt accordé aux groupes de tontine en pays kpélè tire ses origines du succès retentissant du groupe AZARO, groupe qui a produit les grands opérateurs économiques kpélè. De nos jours à Kobéla il est rare de trouver un actif qui ne soit pas membre d’un ou de plusieurs groupes de tontine. En dehors des groupes qui s’autogèrent, certains sont constitués en BVEC (Bureau Villageois d’Épargne et de Crédit) encadrés par des animateurs de l’ONG Plan Guinée. Dans ces BVEC, les dépôts se font une fois par semaine au cours de la réunion hebdomadaire qui a lieu soit les samedis ou les dimanches selon la disponibilité des membres. Chaque membre détermine en fonction de ses moyens le montant qu’il pourra déposer par semaine. Il est suivi à l’aide d’un carnet sur le quel ces versements sont enregistrés. Les membres sont encouragés à prendre des dettes dans la caisse avec un faible taux de remboursement.
Les unités de production présentent des structures variées que nous pouvons résumer en deux types:
Les unités simples constituent à la fois une unité de résidence, de production et de consommation. C’est la structure des jeunes ménages monogames autonomes (figure 6).
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LEGENDE
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[1] Le palmier est qualifié de subspontané plutôt que naturel car sa présence est liée à l’activité agricole.